Le traitement des eaux usées de l’oasis sont largement simplifiées, du fait de l’utilisation des toilettes sèches dans l’ensemble des habitations.

En effet, l’utilisation de toilettes sèches permet d’éviter la collecte des eaux vannes (fécales), qui représentent seulement 1% de la totalité des eaux traitées dans une habitation classique, alors que ces 1% contiennent 99% de bactéries, 90% de phosphore et 98% d’azote. Autant d’éléments nuisibles pour l’environnement qui ne sont plus à traiter dans les eaux.

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En traitant les eaux grises uniquement, et en valorisant les matières fécales de manière séparée, l’oasis s’oriente vers une solution de gestion de l’eau durable et une production alimentaire soutenable. Car le système de tout à l’égout, oblige à épurer les eaux à cause de ces 1% de matières nuisibles, étant lui-même source de pollution. 

  1. Phytoépuration

Peut être définie au sens large comme l’épuration par les plantes. Celles-ci peuvent contribuer à épurer ou dépolluer les trois grands milieux que sont l’air, les sols et l’eau.

Qu’ils soient collectifs ou individuels, il s’agit de procédés vivants. De ce fait, l’utilisation de produits ou substances pouvant polluer le milieu naturel (huiles, corrosifs, acides, médicaments, peintures, etc.) sont interdits. Leur entretien consiste principalement à des interventions de jardinage, du type désherbage les deux premières années et taillage des herbes en hiver.

Comparaison traditionnel / Phytoépuration : En phytoépuration comme en assainissement traditionnel, l’épuration à proprement parler est assurée par des micro-organismes épurateurs. Le procédé d’épuration est donc aussi efficace.

Le principal intérêt de la phytoépuration collective est l’aspect paysagé buissonnant, producteur de biomasse utile pour mulcher les cultures. Elle constitue aussi un abri pour une multitude de biodiversité utile à l’écosystème local (disparition des zones humides). L’installation nécessite très peu de travaux lourds (contrairement à la méthode traditionnelle, gourmande en béton et engins de génie civil). Enfin, son entretien minime, couplé à l’absence de nuisance sonores (pas de station de pompage), et olfactives en font un dispositif efficient. Ceci étant dit, les techniques de phytoépuration sont des techniques dites “extensives”, c’est à dire nécessitant un dimensionnement plus important que les techniques traditionnelles. Cette emprise sur le sol étant largement compensé par les bienfaits sur l’écosystème environnant, et la lutte contre les transferts de pollution vers les nappes et les cours d’eau.

Le lagunage naturel : 

Réglementation

L’assainissement collectif (à destination des municipalités) est régi par l’arrêté interministériel du 21 juillet 2015, révisé en 2020. Contrairement à la règlementation applicable à l’assainissement individuel, cet arrêté ne fixe pas d’obligation de moyen, mais des obligations de rendements épuratoires. Elle autorise donc la mise en oeuvre de toutes les techniques de phytoépuration.

Les installations dimensionnées pour épurer l’équivalent de 20 équipements-habitants sont régies par la réglementation de l’assainissement collectif (objectif de résultat). Sinon, il s’agit de la réglementation individuelle (objectif de moyen).

L’oasis étant implanté en 4 zones de 5 habitations, cela laisse la possibilité de créer 4 zones d’épuration d’environ 15 EH (Equivalent Humain), donc soumis à la réglementation individuelle. Soit de relier toutes les eaux grises de l’oasis sur un seul dispositif, et donc être soumis à la réglementation collective.

On dénombre 5 dispositifs de phytoépuration individuelle agréés par ministère :

  • Jardi-Assainissement Filtre Vertical + Filtre Horizontal d’aquatiris
  • Jardi-Assainissement FV d’aquatiris
  • AutoEpure d’Epur Nature
  • Ecophyltre de Opure/Jean voisin
  • Pytostation Recucl’eau de Blueset

Ces dispositifs agréés sont soumis à des dispositions réglementaires obligatoires. Leur respect est obligatoire pour obtenir la conformité de la part des services de contrôle. Des prescription techniques supplémentaires peuvent 

Arrosage des végétaux avec les eaux usées :

D’une manière générale, il est parfaitement interdit d’arroser des végétaux (encore moins destinés à la consommation humaine) avec des eaux usées, comme indiqué dans l’arrêté interministériel du 02 août 2010.

Malheureusement cette réglementation, répond à un fonctionnement conventionnel, mais ne prend pas en compte la particularité d’un traitement des eaux grises, séparées des eaux fécales. Celles-même qui contiennent les éléments possiblement pathogènes.

Cependant, l’arrêté précisant que “Au sens du présent arrêté, les eaux usées traitées sont celles issues des stations d’épuration des eaux usées mentionnées au II de l’article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales et celles issues des installations d’assainissement non collectif mentionnées au III de l’article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales et dont la charge brute de pollution organique est supérieure à 1,2 kg de demande biologique en oxygène sur cinq jours (DBO5) par jour.

En justifiant donc que les eaux traitées par notre système d’assainissement non collectif ne contient pas plus de 1,2Kg de demande biologique en oxygène par jour (puisque sans matière fécale), il serait possible de faire valider ces dispositifs.

  1. Bac de dégraissage

Le bac à graisse est un contenant conçu pour retenir les graisses, huiles et autres matières solides provenant des installations humaines (habitation, cuisine commune, ateliers sans activité polluante).

Pour une maison standard avec 4 ou 6 occupants, un récipient de 200 à 500 litres suffit en règle générale.

Les eaux usées de la maison arrivent dans le bac à graisse, où elles sont « décantées ». Les graisses légères remontent à la surface tandis que l’eau est évacuée vers la fosse septique par un tuyau de sortie sous la surface. Le bac retient aussi tous les déchets lourds envoyés dans l’évacuation qui vont s’accumuler au fond du récipient.

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